Benoît Blanchard

-
1/6
-

Mon travail articule quatre pratiques, la peinture, le dessin, la vidéo et l’écriture. Toutes trois participent à leur manière à un processus de cristallisation des images, elles figent un paysage autobiographique et arbitraire, que tiraillent l’usure et les tics du regard.

Le dessin intervient comme une digression naturaliste. Il est totalement centré sur l’image, il est pur plaisir d’observation et de variations sur la forme. Pour cette raison, les dessins sont presque systématiquement à échelle une. À travers eux, je constitue un Muséum d’histoires naturelles, où j’accumule par ensembles successifs un panthéon domestique d’objets mêlés de souvenirs.

L’écriture investit le champ des œuvres : l’œuvre des autres. Cette pratique est totalement dénuée d’images, les textes sont publiés nus sur un même site web en ligne depuis juin 2010. Au travers de cette astreinte que je m’impose trois fois par semaine, j’archive mon regard. L’écriture n’y est jamais vraiment honnête, elle balance toujours entre la tentation de la surinterprétation et de l’invasion.

Peinture et vidéo forment un travail d’éloignement, beaucoup plus lent. Cette lenteur permet d’introduire une part fictionnelle. Portraits, paysages et natures-mortes construisent des routes secondaires aux projets et aux intérêts qui sont les miens. Due au décalage entre la réalité et la multitude de choix qu’elle implique, la peinture se tient en retrait, en retard. Foncièrement désuète, elle se regarde comme quelque chose d’oubliée, d’étrange parce que figée entre familiarité et contingences. Au contraire, la vidéo implique une réactivité vis-à-vis de l’actualité et de la circulation des images. J’associe ces deux médium afin de créer un entre-deux, entre perception et appropriation, et qui caractérise l’ensemble de mon travail.

 

Benoît Blanchard
Octobre 2011 – février 2015